Pratiques Culturales

Notre système

Nous sommes dans un modèle hybride, semi mécanisé. Nous utilisons un tracteur essentiellement pour préparer le sol en début de saison, avec sarclage et récolte effectués entièrement manuellement.

Nous pratiquons une agriculture sur planches permanentes, avec des allées enherbées entre les planches de culture.

Ceci signifie d'une part que les roues de notre petit tracteur ne passent jamais sur le lit de culture, ni sur un sol laissé à nu. Ceci conserve le sol plus meuble et aéré et réduit de beaucoup l’érosion lors d’épisodes de pluies torrentielles. Nous ne labourons jamais notre champ et ne travaillons le sol que minimalement et en surface. Ces pratiques favorisent la vie du sol (champignons, bactéries, micro et macro faune), ce qui a un effet direct sur la vitalité et la santé des plantes. Nous voyons le sol comme un écosystème capable de s'autoréguler et de fournir aux plantes les nutriments dont elles ont besoin. Lorsque nous appliquons du compost par exemple, c'est d'abord pour nourrir le sol qui lui, nourrira les plantes.

 

 

Pour être pleinement au service des plantes, le sol devrait être "dérangé" le moins possible et être maintenu couvert en permanence, ce vers quoi nous tendons par l'utilisation des allées enherbées, d'engrais verts, de mulchs et de toiles d'occultation.

Nous utilisons une combinaison de différentes méthodes pour préparer le lit de semence ou de plantation avant une culture. Notre cultibute relève nos planches ce qui augmente la température du sol et permet un meilleur égouttement. Le vibroplanche, outil construit avec le collectif d'autoconstruction de la CAPÉ sert à préparer la plupart des planches et permet de les garder exemptes d'adventices (mauvaises herbes) avant la plantation.
Nous utilisons notre rotoculteur lorsque nous voulons incorporer beaucoup de résidus ou un engrais vert. Nous expérimentons également avec les toiles d'occultation qui permettent d’éviter l’étape de préparation et de laisser travailler les micro-organismes et insectes à la décomposition de la végétation sans autre intervention.

Agroécosystème et biodiversité

Dans nos jardins, la biodiversité s'exprime d'une part par la grande diversité de ce que nous produisons comme légumes mais surtout par la "réserve naturelle" que constituent nos bords de champ et nos allées enherbées avec tous les insectes, oiseaux, batraciens et petits mammifères qu'ils logent. Notre champ est un véritable écosystème qui se régularise de lui-même, avec un besoin décroissant d'interventions de notre part. Si vous nous visitez, vous constaterez que nous nous assurons que nos cultures dominent la végétation du terrain (allées enherbées et adventices) sans avoir à éliminer tout ce qui pousse spontanément, tout dépendant du stade de maturité de la culture.

Les biopesticides et autres alternatives

À la ferme, comme nous croyons que le meilleurs moyens d'avoir des plantes exemptes de maladies et à l'abri des insectes ravageurs est de maintenir le sol en santé et de permettre à l'écosystème de jouer son rôle, nous avons un usage très restreint de produits phytosanitaires même s'ils en existe plusieurs qui sont permis en régie biologique (produits non fabriqués synthétiquement, naturels). Nous favoriserons d'abord la proliférations des insectes et de la faune prédatrices (araignées, coccinelles, punaises, crapauds, taupes, etc.), et n'utiliserons donc que très localement un produit, même naturel, qui risquerait d'en affecter la population. Nous avons toutefois recours à des barrières physiques telles que des filets anti insectes contre certains ravageurs qui demeurent problématiques malgré nos pratiques.